II Edition - 6-16 août 2003

6 août
Beppe Barbera - The Silent Orchestra

7 août - Concorso Giovani Musicisti Europei
The Love Nest mis en musique par Naif
Neighbors mis en musique par Giulio Pedrana Band

8 août - Concorso Giovani Musicisti Europei
The Goat mis en musique par Giovanni Palumbo
My wife's relations mis en musique par Fonderia

9 août - Concorso Giovani Musicisti Europei
Hard Luck mis en musique par Iacomana Trio
The scarecrow mis en musique par Quatuor rue du nord

10 août - Concorso Giovani Musicisti Europei
The Paleface mis en musique par Radiosurfline
The Balloonatic mis en musique par Gatto Marte

11 août
Conférence Variazioni Keaton
Guests of the Nation
, Screening in the rain, By accident mis en musique par Lomé

12 août
Das Kabinet des Doktor Caligari mis en musique par Girotto/Biondini

13 août
La Roue mis en musique par Pietro Pirelli

14 août
Die Büchse der Pandora mis en musique par Battista Lena

15 août
Broken Blossoms mis en musique par Antonella Ruggiero

16 août
The General mis en musique par Trio Musike

 

 
Battista Lena
Battista Lena

6 août

BEPPE BARBERA - THE SILENT ORCHESTRA

BEPPE BARBERA - THE SILENT ORCHESTRA
Beppe Barbera - piano, composition et arrangements
Gianluigi Trovesi et Sylvain Kassap - clarinettes
Roberto Bonati - contrebasse
Vittorio Marinoni - batterie
Quartet de Cordes "Enea Salmeggia"
Cesare Zanetti - Violon I°
Antonella La Donna - Violon II°
Alberto Martinelli - Viole
Caterina Dell'Agnello - Violoncelle


SILENT ORCHESTRA
de Beppe Barbera


L'ORCHESTRE
C'est la seconde fois que je travaille avec un ensemble mixte de musiciens jazz et classiques. Comme couleur musicale, j'ai essayer de m'orienter plutôt vers la musique classique, en appelant un quartet à cordes. Naturellement, l'improvisation est également très présente avec deux solistes d'exception, Sylvain Kassap et Gianluigi Trovesi. Le pari de ce spectacle est justement de voir si l'équilibre entre les deux parties tient sur pied.
CLARINETTES
J'avais déjà adopté par le passé l'idée de la double clarinette, déjà avec Trovesi, mais avec Ravaglia à la place de Kassap. C'est Trovesi qui m'a conseillé Sylvain, qui est un grand improvisateur, et qui sait se lancer dans des directions plus radicales. Dans les instruments à vent, le ton des clarinettes est celui que je préfère. Kassap et Trovesi couvriront presque toute la gamme des clarinettes, à l'exception de la contrebasse. Kassap aura celles en si bémol (basse et soprano) et Trovesi celles en mi bémol (petite et contralto).
PERSONNALITE
Lorsque l'on met en musique un film, je crois qu'il est important de ne pas singer les images, comme on le fait par exemple en écrivant un thème amusant pour accompagner une scène comique. Il n'est pas indispensable d'être original à tout prix, mais je crois qu'il est juste de faire ressortir sa propre personnalité de musicien.
MELANCOLIE
J'ai un penchant mélancolique, donc travailler sur un film comme La Passion de Jeanne d'Arc a été particulièrement stimulant. Je me retrouve beaucoup dans ces couleurs virant vers le sombre... Même dans les scènes comiques ou sentimentales, j'essaie d'écrire de la musique qui part dans ce sens. Par exemple, le thème de The Count est très mouvementé d'un point de vue rythmique mais il a une organisation, une couleur qui restent sombres. Et dans Day Dreams, dans la scène au cours de laquelle Buster est poursuivi par des policiers, j'ai mis une musique paradoxalement plus dramatique, avec des clusters, des sonorités presque en contraste par rapport aux images.
FILM
J'ai toujours adoré mettre en musique des films muets. Outre ceux présents dans le programme du spectacle, je pourrais citer Zéro de conduite de Jean Vigo, Entr'acte de René Clair, Nosferatu de Murnau ou bien Karakorum, sur l'expédition du Duc des Abruzzes. Les courts et longs métrages choisis pour ce spectacles sont ceux qui, mis les uns à côté des autres, représentent un ensemble plus compact, qui peut-être fonctionne le mieux d'un point de vue musical.
EN PAIX
C'est vraiment un beau défi que de se retrouver confronté à des oeuvres, qui dans un certain sens et par leurs dimension, te dépassent. Quand je suis en concert pourtant, bien qu'il soit naturel d'être tendu à cause des difficultés liées au fait de jouer sur et pour un film, je suis toujours tranquille. Quand je joue, je suis en paix.


METTRE EN MUSIQUE
de Beppe Barbera


Le cinéma et la musique sont deux émotions fortes qui se rencontrent dans le cas de la mise en musique en direct et qui doivent mutuellement se respecter. Evidemment, la responsabilité pricipale incombe selon moi au musicien qui doit faire en sorte que l'image reste la protagoniste absolue. Les pianistes se laissent parfois aller à des débordements romantiques, et je ne suis moi-même pas à l'abri de ce genre de risques. C'est pour cela que j'essaie toujours de faire une place aux silences, aux phrases rares, aux dynamiques atténuées. Jouer en solo est une expérience fantastique qui laisse plus d'espace à l'improvisation et à l'émotion du moment. La performance en public est toujours différente de ce qui se passe à la maison. Souvent, il me semble même voir un autre film! J'adorerais essayer de mettre en musique un film de manière totalement improvisée, sans même avoir vu le film à l'avance. J'ai toujours essayé de faire des musiques originales. Certaines d'entre elles sont par la suite entrées dans le répertoire de mes groupes et ont même été enregistrées. Je crois pouvoir affirmer que ma rencontre avec le cinéma a donné un fort coup d'accélérateur à ma veine compositrice. En août j'expérimenterai une formation inédite : un nonet dans lequel jazz et musique classique se rencontreront. Je pense pouvoir affirmer que la dimension classique prévaudra du point de vue du timbre, alors que le jazz prendra le dessus stylistiquement, même s'il serait plus correct de parler de musique improvisée.

 

 

7 août

The Love Nest mis en musique par Naif // Neighbors mis en musique par Giulio Pedrana Band

The Love Nest (1923)

Naif
Federico Marchetti, guitare classique, flûte
Christine Hérin, piano électrique, basse, voix
Simone Riva, batterie digitale

Le prjet "Naïf" naît d'un lien d'amitié et d'amour pour la musique. Nous avons des expériences musicales différentes, nous composons et arrangeons nos morceaux, constamment à la recherche d'un style créatif qui est au croisement entre genres différents. Christine, voix et auteure des textes en italien et en français, joue de la basse et du piano; elle s'exprime en unissant sa féminité à l'agressivité de la musique "noire". Simone joue de la batterie et de la guitare et développe sa créativité surtout en studio d'enregistrement, à la recherche d'un "groove" personnel. Federico, dit "Sssnakie!", guitare classique et flûte, étudie au conservatoire, adore la musique celtique et médiévale, et complète grâce à son intervention le "son" du groupe. Après ses débuts au "Concert pour l'autonomie" le 22 février 2003, le groupe a participé à divers concerts et manifestations importantes : la "Festa della Musica" à Biella, "Dora Dora Festival 3° edizione" et la "Festa della famiglia" à Aoste. Il s'est aussi classé huitième au concours national web "Rockzone - ArezzoWave" et a été sélectionné aux concours "Sogno di una notte di mezza estate" et "Non solo Rock 2003", prestigieuse scène de la province d'Avellino qui a vu participé des goupes déjà affirmés comme Almamegretta, Casino Royale, Pitura Freska, Bandabardò. L'objectif des "Naïf" est de toujours rechercher de nouvelles sonorités, au contact d'autres musiciens, et de s'amuser au quotidien à travers l'art de la musique. Nous avons aimé le caractère drôle et en même temps subjectif du film. L'alternance entre moments comiques et combinaisons mystérieuses de l'espace nous a permis de rechercher un son dans une dimension musicale très vaste. Avant de commencer, assis dans nos fauteuils, nous avons apprécié "Love Nest" de Buster Keaton. Ensuite, assis à côté de nos instruments, nous avons établi un thème récurrent, puis, une fois que nous avions identifié les diverses situations, nous nous sommes abandonnés à l'improvisation en essayant de reproduire musicalement les émotions que les images nous inspiraient. En utilisant chacun plusieurs instruments, nous avons essayé de capturer diverses sonorités "entre son et bruit", en soignant principalement l'armonie et la mélodie afin de favoriser la fluidité de la composition.



Neighbors (1920)

Giulio Pedrana Band
Andrea Zublena, Sax tenor
Fabio Mora, trombone
Simone Torriano, piano
Gabriele Artuso, contrebasse
Diego Zublena, batterie
Giulio Pedrana, composition

Le groupe s'est formé exprèssément pour Strade del Cinema, puisque bien qu'ayant déjà joué ensemble, c'était la première fois que nous nous retrouvions face à la mise en musique d'un film muet. Les sélections nous ont donné le moyen de comprendre comment synchroniser les images et la musique, utilisant la composition comme canevas, mais laissant une grande place à l'improvisation, que nous avons choisi en nous basant sur les scènes et sur la créativité et la sensibilité des solistes. D'un point de vue musical, Neighbors n'est pas très facile à subdiviser en scènes efficaces et pas trop longues. Autre particularité, l'enchaînement frénétique des aventures de Buster le funambule, qui rend le film très drôle mais aussi très compliqué pour nous musiciens. Nous tentons donc d'écrire des sections plus dilatées, comme une suite, en essayant cependant de rester dans notre domaine, le jazz, pour ne pas renoncer à notre sensibilité et à ce que nous aimons. Il est certain que mettre en musique un film, en particulier un chef d'oeuvre comme Neighbors n'est pas une chose facile. En particulier pour nous car c'est une nouvelle expérience, mais c'est stimulant aussi bien du point de vue de la composition que de l'improvisation.

 

 

Pièces-jointes

8 août

My wife's relations mis en musique par Fonderia et The goat mis en musique par Giovanni Palumbo

My Wife's Relations (1922)

Fonderia
Luca Pietropaoli, trompette
Emanuele Bultrini, guitare
Stefano Vicarelli, piano, clavier
Federico Eugenio Nespola, batterie

Né en 1994 comme collectif dédié à l'improvisation, la Fonderia a eu au cours des années une approche qui lui a permis d'expérimenter des chemins et des croisements musicaux de manière complètement instinctive, renversant sans scrupules ni préjugés les influences et les idées les plus diverses lors de folles et furieuses séances d'improvisation. Avec le temps, nos intérêts se sont diversifiés, passant du jazz à la musique d'ambiance, de la musique ethnique à l'électronique, mais sans jamais oublier la matrice de l'impro. Nous avons fait plus de place à la composition et nous nous sommes passionés pour l'interaction entre diverses formes d'art qui pouvaient nous permettre d'amplifier et d'enrichir l'aspect suggestif de la musique, comme la poésie, la peinture improvisée, le cinéma et le théâtre. Notre premier disque, intitulé Fonderia, est sorti en 2002. Il est conçu comme un voyage en deux dimensions : les échos et les atmosphères de terres lointaines et les rues et les quartiers de notre ville, Rome.
Comme spectateurs, la réaction que nous avons eue face a "My wife's relations" de Buster Keaton a été celle du divertissement et de la surprise. Bien que connaissant Keaton, nous n'avions jamais vu ce film et c'est incroyable de voir comme les situations présentées sont encore extraordinairement efficaces, alors qu'en près d'un siècle, le cinéma a largement puisé dans le répertoire de gags de l'époque du muet. En tant que musiciens, nous avons surtout cherché les correspondances et les assonances entre les situations du film et les atmosphères qui sont à la base de notre musique : sans aucun doute la grande variété de rythmiques et de dynamiques dans l'action, la vie de la grande ville, la rencontre/choc de cultures différentes (Buster et la famille de sa femme). Puisque notre approche de composition se fonde sur l'improvisation et sur la "contamination" de genres différents et d'influences culturelles, nous sommes particulièrement stimulés à l'idée d'une confrontation entre réalités diverses. En outre, la richesse et l'attention portée aux détails du film sont sources d'idées, et nous donnent la possibilité de travailler sur un commentaire sonore "à plusieurs voix", comme cela est naturel dans une formation comme la nôtre, constituée de plusieurs instruments solistes.



The Goat (1921)

Giovanni Palumbo, piano


Je me suis diplômé en piano en 1996 au Conservatoire de Musique "N. Piccinni" de Bari, et mes toutes premières expériences ont eu lieu dans des groupes de jazz et fusion, mais aussi comme soliste présentant mes compositions pour piano, dans des contextes tels que la salle de théâtre "Vallisa" et l'auditoriom "Nino Rota" du Conservatoire de Bari. Entre 1998 et 2000, après m'être transféré à Milan, je compose et je joue en direct les musiques de la pièce de théâtre "Corpi Invisibili", que j'ai créée en collaboration et d'après les textes de l'actrice Elena Mearini. En 2001 je compose les musiques du film "The River Run" du réalisateur Francesco de Molfetta, court-métrage présenté au Versilia Video Festival 2002 et je collabore avec le designer Sandro Santantonio à la réalisation de la salle multimédiale "Vita Futura" de l'Académie de Brera à Milan dont je m'occupe de l'aspect sonore. Je gagne le concours "Web Star" de Musicaland.it et CPM de Milan, dans la section "Musique et Bandes Sonores". En 2002 je gagne le prix de la meilleure bande sonore originale au "Rimusicazioni Festival 2002 HK4" grâce à la nouvelle mise en musique du film muet "La coquille et le clergyman" de la réalisatrice française Germaine Dulac de 1928. Cette année j'ai composé la bande sonore du court-métrafe "Déjà vu" du réalisateur Marco Masante. Mon style de composition ne s'inspire de personne en particulier, mais s'associe peut-être plus à la musique du XVIIIème qu'à la musique contemporaine. J'ai été impressioné par les qualités athlétiques de Keaton, outre son expression constamment neutre, virant au triste, et orgueilleuse. Ces caractéristiques expressives m'ont encore plus marqué car elles sont en contraste avec la dynamique faciale excessive du chef de la police (gros homme aux yeux de glace), qui fait quelque fois dresser les cheveux sur la tête. Le summum de ce contraste arrive dans la scène du repas où l'on attend impatiemment le moment où Keaton et le gros homme croiseront le regard. C'est la partie que je préfère et, après avoir expérimenté divers thèmes musicaux, j'en ai trouvé un qui rend très bien le contraste parce qu'il le contraste à son tour.

 

 

Pièces-jointes

9 août

Hard Luck mis en musique par Iacomama Trio et The Scarecrow mis en musique par Quatuor rue du nord

 

Hard Luck (1921)

Iacomama trio
Manuel Pramotton, Sax contralto
Enzo Favre, Basse électrique
Massimo Leonardi , Batterie

Nous avons formé le Iacomama Trio pour participer au Concours Strade del Cinema : c'est en effet notre première expérience ensemble, toute nouvelle mais très intéressante et stimulante. Pour Hard Luck, nous essaierons de travailler de la même manière que pour le court-métrage des sélections, c'est-à-dire en tentant de s'approprier le rôle de l'acteur principal (même si le personnage de Buster nous semble plus complexe, tout comme l'ensemble du film) et en exaltant les situations les plus fortes. Nous essaierons de trouver un fil conducteur et des points de repère tout au long du film et nous associerons une partie musicale à chaque scène principale, que nous reproposerons pendant le film, mais en l'enrichissant et en y apportant chaque fois des variations. Au-delà du résultat final, qui nous l'espèrons sera apprécié du public, nous sommes très contents de cette expérience.

 

 

The Scarecrow (1920)

Quatuor rue du nord
Benoît Moreau, clarinette
Laurent Bruttin, clarinette, clarinette basse
Zeno Gabaglio, violoncelle
Dragos Tara, contrebasse

Le Quatuor Rue du Nord naît surtout de la nécessité de donner la possibilité à une amitié née au sein de l'Orchestre Jeune Suisse, consolidée par un amour commun pour la musique improvisée et ébranlée par la distance, de se concrétiser. Ainsi, Laurent, Benoît et Dragos, résidant et opérant entre Genève et Lausanne, ont décidé d'entreprendre avec Zeno, Monte (Suisse) et Florence, l'aventure stimulante de Strade del Cinema, heureux de se retrouver autour de Buster Keaton pour vivre leur musique.
Le film fournit trois éléments distinctifs et récurrents au niveau narratif:
1. la poursuite, qui a lieu à plusieurs reprises et dans des milieux différents, et qui exige une présence rythmique particulière qui accompagne le crescendo de la tension;
2. la présence de la jeune fille aimée, qui donne l'unique occasione lyrique du film par ailleurs très "rapide", et qui doit donc être exploitée ou bien avec un thème approprié ou bien avec un arrangement particulier, ou encore en mélangeant les deux solutions;
3. les gags, qui (surtout dans la première partie, à l'intérieur) sont pratiquement au centre de la narration. D'un point de vue musical, nous pensons qu'il est nécessaire de recréer la stupeur et l'hilarité de chacune de ces situtations, sans tomber dans un "mickeymousing" didascalique.


 

Pièces-jointes

10 août

The Paleface mis en musique par Radiosurfline et The Balloonatic mis en musique par Gatto Marte

 

The Paleface (1921)

Radiosurfline
Daniele Canuti, ordinateur et dj set
Andrea Scagnelli, ordinateur et dj set

Les Radiosurfline (rsl) sont nés il y a deux ans. Plus qu'un groupe, il s'agit d'une collaboration entre Canu (Daniele Canuti dj radio) et Narratore (rapeur producteur ingénieur son), dont l'intention est de ne pas avoir d'intentions : il suffit de récupérer des morceaux de musique pour les faire devenir autres, si possible danse. Malgré l'ambiguité de notre proposition, en deux ans, nous avons participé à de nombreuses manifestations et festivals, comme Alessandria Wave, Stati Generali del Rock (selections pour Arezzo), Festa della musica Europea de Samassi (CA), en proposant à chaque fois des instrumentalisations différentes : cymbales, lecteur cd, percussions, échantilloneurs. The Paleface!... grand film! la musique que nous proposons pour ce moyen-métrage est une succession continuelle de plans qui ne durent pas plus de 5 secondes (avec les 44 secondes de capacité de chaque DJ 70 on arrive de cette manière à environ 8-9 échantillons chacun). Les diverses situations, lentes et rapides, les sauts et les chutes, seront probablement soulignées par la partie rythmique alors que les parties de piano, exécutées pour nous par Stefano Resca, représenteront les différentes humeurs de Buster Keaton.

 

 

The Balloonatic (1923)

Gatto marte
Nino Cotone, violon
Giuseppe Brancaccio, basson
Maximilian Brooks, piano

Gatto Marte naît en 1991 comme trio (piano, contrebasse, batterie) et se consacre pendant environ trois ans au jazz. Le trio devient quartet avec l'arrivée du violon et se consacre à ses propres compositions. Bien que gardant une mentalité de type jazz, le son de la formation s'inspire des goûts et du style de chacun de ses membres. En effet, au delà du jazz, on peut noter une forte influence classique et une empreinte rock et musique contemporaine. L'ensemble, qui s'enrichit de l'arrivée du basson, se consacre ensuite à la composition de nouveaux morceaux et entre en studio, enregistrant un premier CD Danae en septembre 1997. Suivent alors Gioco del Mago (2000), Pieroino (2001), Leolombrico (2003). Ils participent à "Autunno Musicale" en 1998 et à "Arezzo Wave" en 2000. Après quelques collaborations théâtrales, ils mettent en musique Malombra en 2001 lors de la rétrospective "Luci del nuovo millennio" et "A woman" de Charlie Chaplin en 2002 lors de Strade del Cinema. Ils avaient déjà mis en musique "La fièvre de l'or" de ce même Chaplin. "The Balloonatic" nous a tout de suite paru intrigant mais aussi difficile à rendre musicalement. Heureusement, le basson nous semble bien caractériser la personalité du protagoniste, en apparence sérieux mais comique en substance. Nous avons ainsi créé différents thèmes pour basson, que nous orchestrerons.


 

Pièces-jointes

11 août

VARIAZIONI KEATON de Francesco Ballo // SCREENING IN THE RAIN, BY ACCIDENT et GUESTS OF THE NATION mis en musique par Lomé

11 août

 

 

Variazioni Keaton/1: Hard Luck
réalisation: Francesco Ballo et Luca Mosso,
montage: Martina Parenti et Marianna Schivardi
production: Luca Mosso pour Associazione Cinematografica Pandora, année: 2002
format: betacam sp
durée: 25 min, couleur

Variazioni Keaton est le moyen le plus clair et le plus efficace que nous avons trouvé de confronter des versions différentes de certains two reels de Buster Keaton. Nous avons commencé avec Hard Luck (1921) et Daydreams (1922). Deux copies restaurées sont présentées, toutes deux encore incomplètes, mais - et ceci en est la particularité - incomplètes de manière différente. En nous servant d'un dispositif typique du cinéma expérimental, le split screen, nous avons juxtaposé à l'écran les restaurations française (DVD Lobster Arté) et américaine (DVD Kinovideo), en mettant en évidence leurs carences et leur complémentarité. Le travail a été réalisé avec un programme de montage non linéaire et montre le potentiel de l'instrument digital dans le travail de recherche philologique. Le travail sur Hard Luck met en particulier en évidence l'aspect provisoire des positions historico-critiques actuelles (cfr. F. Ballo, Note su Hard Luck di Buster Keaton in "Griffithiana"), alors que les différences sur Daydreams sont tellement évidentes qu'elles constituent en elles-même un matériel spectaculaire d'une efficacité surprenante. Le dédoublement imparfait de la mise en scène keatonienne, extraordinaire et essentielle, permet de remettre en question l'atitude normale du spectateur qui concentre son attention sur le foyer principal de l'image et le pousse à expérimenter de nouveaux parcours visuels. C'est un peu comme le jeu comique, qui se transforme et est toujours surprenant. (Francesco Ballo et Luca Mosso)


Buster Keaton di corsa
de Francesco Ballo
année: 2003
format: betacam sp
durée: 14 min, b/n

Buster Keaton di corsa est un film montage de plusieurs oeuvres de Buster (allant du court-métrage One Week (1920) au dernier long-métrage muet Spite Marriage (1929)) dans lequel ont été recueillies toutes les scènes au cours desquelles le grand acteur-réalisateur court, créant un mouvement perpétuel sur l'écran. Surprenant.

 

 


SCREENING IN THE RAIN
BY ACCIDENT
GUESTS OF THE NATION

 

LOME'
Riccardo Ruggeri - voix
Andrea Manzoni - piano
Luca Bertinaria - contrebasse
Andrea Beccaro - batterie


Classés à la troisième place du Concours Jeunes en 2002, les Lomé reviennent à Strade del Cinema. Le travail qui leur est confié est difficile et important : difficile parce qu'ils seront confrontés à un film particulier comme Guests of the nation, important parce qu'il s'agit de sa première projection italienne. La musique des Lomé est intense, dense et stratifiée. Les influences musicales qui se métabolisent dans le chantier-Lomé sont des plus variées, et les personalités qui le composent et qui y travaillent sont des plus éclectiques : Demetrio Stratos et Mike Patton se mélangent avec harmonie à la tradition américaine du jazz et à la force et au caractère aléatoire de la musique du 20ème siècle, allant de Cage aux bruyants Zappa et Varèse. L'élément fondamental de leur esthétique est l'improvisation, qui n'est pas comprise comme performance soliste sur un tour harmonique défini, mais plutôt comme un échange libre et mutuel d'idées et de stimulations acoustiques.
L'image cinématographique est un autre détonateur de leur recherche et de leur personalité musicale. Hermetisme et expressionisme : la musique des Lomé ne doit pas seulement être écoutée, elle doit être imaginée. Riccardo Ruggeri, vocaliste du groupe, s'exprime ainsi : "la tenacité dans la recherche de la liberté, de la mort, la résignation et la vengeance des indépendantistes irlandais, leurs gestes et expressions deviennent dans cette sonorisation une allégorie de mondes acoustiques parallèles".
Se mettre à l'épreuve pour dialoguer et dialoguer pour se mettre à l'épreuve, sans peur et sans limites de styles apparentes; les Lomé se présentent avec leur honnêteté artistique encombrante, avec le désir et la volonté de communiquer, tout en restant fidèles à leurs codes et canaux expressifs.

Strade del Cinema a décidé d'établir, à partir de 2003, un rapport privilégié avec les principales cinémathèques européennes, faisant venir à Aoste des responsables, des experts et des films inédits en Italie. Cette année, notre interlocuteur sera la cinémathèque nationale irlandaise. L'Irish Film Institute possède un vaste fonds de matériel inédit, l'Irish Film Archive, qui constitue la mémoire audiovisuelle du pays. C'est de ce fonds que proviennent "Screening in the rain", un court-métrage de petits sketchs interprétés par des gens ordinaires, "By accident", un hommage au suréalisme, et "Guests of the nation", un moyen-métrage sur la lutte pour l'indépendance de l'Irlande, qui a inspiré, entre autres, le film "La femme du soldat" de Neil Jordan. "Guests of the nation" sera mis en musique en direct par Lomé, classés troisièmes lors de l'édition 2002 du Festival.
Sunniva O'Flynn, une des responsables de l'Irish Film Archive, présentera les films et illustrera le travail de la cinémathèque nationale irlandaise.

 

 

12 août

DAS KABINETT DES DOKTOR CALIGARI mis en musique par Girotto - Biondini Duo

12 août

 

DAS KABINETT DES DOKTOR CALIGARI (Allemagne, 1919)
production: Rudolph Meinert, Erich Pommer (Decla-Bioscop AG); réalisation: Robert Wiene; scénario: Hans Janowitz, Carl Mayer; photographie: Willy Hameister; cast: Werner Krauss (Dr. Caligari), Conrad Veidt (Cesare), Friedrich Feher (Francis), Lil Dagover (Jane); 35mm, 80' (17 fps); provenance: Cinémathèque de Bologne (restauration effectuée par : Cineteca di Bologna, Munchner Filmmuseum - Monaco, Cinémathèque Royale, avec le soutien de Proyecto Lumière)


Francis dit avoir rencontré le Dr. Caligari à une foire où il s'est rendu avec son meilleur ami Alan et sa fiancée Jane. Le bonimenteur présente alors Cesare, un somnambule qui peut prédire l'avenir. A la question d'Alan qui lui demande quand finira sa vie, il répond "à l'aube". La profécie se réalise puisqu'Alan se fait assassiner et les premiers soupçons se portent sur Cesare, hypnotisé par Caligari pour commettre des actions délictueuses. D'autres vicissitudes entre rêve et réalité touchent la fiancée, Jane, jusqu'à ce que le Dr. Caligari soit accusé et que Francis le fasse interner. Mais il découvre alors que c'est le directeur de l'établissement...

 

GIROTTO-BIONDINI DUO
Javier Girotto, sax
Luciano Biondini, accordéon


L'idée de confier un chef d'oeuvre d'expressionisme allemand tel que le Cabinet du Docteur Caligari à un duo, qui justifie et centre sa propre existence sur la recherche et la contamination du langage jazz et de la musique populaire argentine et sur la stylistique du tango, nous a, dès le début, semblé une proposition intéressante à soumettre au public de Strade del Cinema. Au delà de la facilité dans laquelle on tombe en donnant crédit aux barrières érigées entre genres et esthétiques, au delà de la plus triviale rhétorique qui mettrait avec une certaine réluctance côte à côte un argentin et un allemand, comme du fromage sur un poisson, nous sommes convaincus de l'existence d'un dénominateur commun, pas tellement entre deux cultures - hypothèse à vérifer - mais plutôt entre l'art de Wiene et la musique du duo Girotto/Biondini. Sans m'étendre en périphrases baroques, pour définir l'essence j'utiliserais le terme force. Force comprise comme véritable acte d'offense, comme violation gratuite et injustifiée de la propre intimité, comme subversion pénible de l'ordre quotidien. Parce que c'est la sensation que procure encore aujourd'hui la vision de ce film et parce que le souvenir de la violence avec laquelle le sax de Girotto a ébranlé le silence de la salle de concert est encore vivace en moi. Le choix se justifie sur la base de ces expériences vécues : ne pas être attendu, se montrer autre, insaisissable, toujours au delà de ce qui est, toujours en avance par rapport à ce que l'on imagine. Le poids encombrant de la force d'un geste artistique, vrai. La musique de ce duo n'arrondit pas les angles des travers scénographiques du monde de Caligari, n'offre pas d'ouvertures royales à sa nature claustrophobe, mais s'insère comme élément sonore de cette réalité. Javier Girotto est un musicien à la sensibilité prononcée, qui s'aventure facilement dans des expériences qui forcent sa nature. Sa carrière professionnelle commence à 25 ans avec son arrivée en Italie et sa naturalisation. Divers projets en chantier parmi lesquels prendra vie Aires Tango, une formation de recherche et contamination jazz-rythmes populaires argentins, avec laquelle il enregistre 7 CD. Le plus récent, Colibri, est de 2003. Parallèlement à Aires Tango il collabore avec Roberto Gatto, Rita Marcotulli, Enrico Rava, Paolo Fresu, Antonello Salis, Gianni Coscia, Peppe Servillo, Angà Diaz, Furio Di Castri, Tony Scott, Arto Tuncbovacivan, Michel Benità, Carlo Rizzo, Aldo Romano, Luis Agudo Maurizio Gianmarco, Stefano Battaglia, Michel Godard, Anouar Brahem, Gianluigi Trovesi et bien d'autres. En 1999 naît un nouveau projet du nom de Cordoba reunion marqué par la musique et les rythmes du folklore argentin. En 2000 il forme un duo avec Daniele Di Bonaventura (bandonéon) avec lequel il enregistre les disques Javier Girotto plays rava et Recordando. La collaboration avec Luciano Biondini (accordéon) date de la même période. ils enregistrent ensemble le CD El Cacerolazo. Cette formation se caractérise par sa prédisposition plus libre et prononcée pour l'improvisation.
Après une formation orientée vers les études classiques avec de nombreuses reconnaissances nationales et internationales (Trophèe Mondial de l'Accordéon, Premio Internazionale di Castelfidardo, Premio "Luciano Fancelli", Premio Internazionale di Recanati, etc.), Luciano Biondini se rapproche du jazz en 1994 après avoir rencontré le guitariste Walter Ferrero.
Parmi les collaborations de Luciano Biondini, on peut citer Tony Scott, Enrico Rava, Mike Turk, Ares Tavolazzi, Battista Lena, Gabriele Mirabassi, Roberto Ottaviano, Marteen Van der Grinten, Martin Classen, Enzo Pietropaoli.

 

 

Pièces-jointes

13 août

LA ROUE mis en musique par Pietro Pirelli - Ensemble La Roue

 

LA ROUE (France, 1923)
production : Abel Gance, Charles Pathé (Films Abel Gance); réalisation : Abel Gance; scénario: Abel Gance; photographie : Gaston Brun, Marc Bujard, Lèonce Henri Burel, Maurice Duverger; cast: Séverin-Mars (Sisif), Ivy Close (Norma), Gabriel de Gravone (Elie), Pierre Magnier (De Hersan); 35mm, 340' (20 fps); provenance: Cinémathèque Française

Le mécanicien des chemins de fer Sisif, veuf avec un enfant à charge, sauve une petite fille d'un accident de train. Il décide de l'adopter et la ramène à la maison, la présentant comme sa fille naturelle. Les années passent et la petite grandit, devenant toujours plus belle. Sisif et son fils tombent amoureux d'elle. Entre mythe, spiritualité et recherche désepérée de l'amour, avec un langage rapide et ultramoderne qui a inspiré tous les plus grands réalisateurs de l'époque du muet, La Roue finit par raconter le drame même de l'existence humaine. Jean Cocteau disait du film "Il y a un cinéma avant et après La Roue, comme il y a une peinture avant et après Picasso".

 

PIETRO PIRELLI/ENSEMBLE LA ROUE
Pietro Pirelli, composition, électronique, pierres sonores, percussions
Maurizio Barbetti, viole
Corrado Colliard, trombone, euphonium
Mauro Gino, percussions
Riccardo Sinigaglia, électronique, claviers

Nous remercions Pinuccio Sciola pour l'utilisation de ses pierres sonores.

 

 

Pièces-jointes

14 août

DIE BÜCHSE DER PANDORA mis en musique par Battista Lena Quartet

14 août

 

DIE BÜCHSE DER PANDORA (Allemagne, 1928)
production : Seymour Nebenzal (Nero-Film AG); réalisation : Georg Wilhelm Pabst; scénario : Joseph Fleisler, Georg Wilhelm Pabst, Ladislaus Vajda, tiré de Erdgeist e Die Büchse der Pandora; photographie : Guenther Krampf; cast : Louise Brooks (Lulu), Fritz Kortner (Dr. Peter Schön), Francis Lederer (Alwa Schön), Carl Goetz (Schigolch); 35mm, 116' (16 fps); provenance : Cineteca di Bologna (restauration effectuée par : Cineteca di Bologna, Münchner Filmmuseum - Monaco)

Lulù séduit, conduit à la perdition, épouse et tue le riche et respecté Schoen. Elle échappe par chance à la justice, avec la complicité du fils de la victime, de son ex-protecteur Schigolch et d'autres personnages équivoques, tous subjugués par sa beauté. Elle vagabonde à travers l'Europe et finit par se prostituer dans les quartiers pauvres de Londres. Son dernier client sera Jack L'Eventreur.

 

BATTISTA LENA QUARTET
Battista Lena, guitare
Cristiano Arcelli, sax tenore et soprano
Daniele Mencarelli, contrebasse
Paolo Corsi, batterie

 

Battista Lena naît en 1960, et comme la plupart des musiciens de sa génération, il ne se limite pas à l'exploration d'un genre défini. Guitariste de jazz estimé par des musiciens de réputation internationale avec lesquels il collabore, tels que Daniel Humair, Jon Christensen, Billy Cobham, Richard Galliano, John Scofield, Lena se fait également connaître dans l'univers de la musique contemporaine et de la composition de bandes sonores. La beauté particulière de son art réside dans les nombreuses facettes de sa musique, qui est capable de synthétiser la culture jazz et classique, la tradition populaire et la musique de film.
Il compose les bandes sonores de Mignon è partita, Verso Sera, Il Grande Cocomero, Con gli Occhi Chiusi, La strana storia de Banda Sonora, L'Albero delle Pere de Francesca Archibugi, Ferie d'Agosto et Ovosodo de Paolo Virzì, Il Guerriero Camillo de Claudio Bigagli et El Dia de la Bestia de Alex de la Iglesia.
Il est actif dans le milieu du jazz depuis 1985; à partir de 1991 il prend part à divers projets avec Enrico Rava, enregistrant entre autres "Rava l'opera-va", meilleur disque de l'année dans le "Top Jazz" 1994. Il est professeur de guitare dans les cours de perfectionnement de Siena Jazz. Il joue, entre autres, avec Daniel Humair, Jon Christensen, Billy Cobham, Palle Danielsson, J.F. Jenny Klarke, Richard Galliano, Massimo Urbani etc.
En 1997, il réalise le projet "Banda Sonora" qui regroupe 60 musiciens et avec lequel il obtient de nombreuses reconnaissances en Italie et à l'étranger et participe à de nombreux festivals à travers le monde. A Pékin et Shangai il est le premier occidental à collaborer avec l'Orchestre de l'Armée de Libération Chinoise.
Il participe, avec ses propres projets, à de nombreux festivals tels que : Umbria Jazz, Sagra Musicale Umbra, Atina Jazz, Ravenna Jazz, North Sea Jazz Festival, La Villette et Théâtre Odeon à Paris, Nevers, Amiens, Suresnes, Calvi, Le Mans, Rotfabrik Frankfurt, Bonn, Oporto, Salonicco, Pechino, Shangai.

 

 

Pièces-jointes

15 agosto

BROKEN BLOSSOMS mis en musique par Antonella Ruggiero

15 agosto

 

BROKEN BLOSSOMS (U.S.A., 1919)
production : D.W. Griffith (D.W. Griffith Production, Paramount Pictures); réalisation : D.W. Griffith; scénario : D.W. Griffith, Thomas Burke; photographie : G.W. Bitzer; cast: Lillian Gish (Lucy Burrows), Richard Barthelmess (Cheng Huan), Donald Crisp (Battling Burrows); 35mm, 90' (24 fps); provenance : Cineteca del Friuli

Cheng Huan arrive à Londres pour propager la croyance bouddhiste, mais se rend vite compte de l'intolérance et de l'apathie du pays envers la culture étrangère. Depuis sa fenêtre, il entrevoit Lucy, une enfant de treize ans, maltraitée par un père alcoolique et violent. Il tombe amoureux de sa candide beauté. Pour la protéger et la soigner à la suite d'une nouvelle maltraitance, il la recueille chez lui. Mais le père le découvre et la ramène à la maison, où il la bat à mort. Cheng Huan, éffondré de douleur, tue le père de Lucy avant de mettre fin à ses jours. 

 

ANTONELLA RUGGIERO
Antonella Ruggiero, voix, percussions
Ivan Ciccarelli, percussions
Carlo Cantini, violon
Roberto Colombo, synth

 

 

Pièces-jointes

16 août

THE GENERAL mis en musique par Trio Musiké

16 août

 

 

The General (1927)
Réalisé par Clyde Bruckman et Buster Keaton, Produit par Buster Keaton et Joseph M. Schenck
Cast : Buster Keaton, Marion Mack, Charles Smith, Richard Allen, Glen Cavender, Jim Farley, Frederick Vroom, Joe Keaton, Mike Donlin, Tom Nawn, Frank Hagney, Jackie Hanlon, Edward Hearn, Jackie Lowe. Scénario : Al Boasberg, Clyde Bruckman et Buster Keaton. Musiques originales : Robert Israel et William P. Perry. Directeurs de la photographie : Bert Haines et Devereaux Jennings. Montage : Buster Keaton et Sherman Kell. Direction artistique : Fred Gabourie

Johnnie (Buster Keaton) a deux amours : sa locomotive, The General, et sa fiancée, Annabelle Lee. Pendant la guerre de sécession, le machiniste n'est pas enrôlé car les Confédérés le croient utile d'une autre manière. Annabelle, qui pense que c'est par lâcheté, décide de ne plus lui parler jusqu'à ce qu'elle le voie endosser l'uniforme. Mais un jour, les Nordistes volent la locomotive sur laquelle se trouve Annabelle.Poursuivant ses ennemis dans une course sur rails pleine de dangers , Johnnie réussit à sauver ses deux passions. C'est l'un des films les plus connus de Keaton, dans lequel le réalisateur - protagoniste, raconte sous son masque impassible, l'histoire de cette guerre, la privant de sens et la présentant comme un jeu.

 

TRIO MUSIKE
Davide Sanson - trompette
Devid Ceste - trombone
Massimo Bezzo - piano


LeTrio Musiké naît à la fin de 1997 de la rencontre de trois personnes qui partagent des intérêts communs qui vont au-delà de la musique. Compte tenu du peu de compositions originales pour notre type de formation, nous avons peu à peu ajouté à notre répertoire des transcriptions que nous avons réalisées nous-même et des morceaux écrits par différents compositeurs expressément pour notre trio. En outre, chacun de nous a des intérêts musicaux qui ne se limitent pas à ce qu'on appelle la musique classique traditionnelle et ceci représente un réel avantage, car cela nous permet d'appréhender toutes sortes d'expériences musicales sans a priori (un puriste ferait peut-être la moue devant un programme qui met côte à côte Pergolesi et Gershwin, et encore plus si c'est en utilisant des cuivres!)
Ce qui nous intéresse par dessus tout, c'est de communiquer au public le plaisir que nous avons de jouer ensemble, de le faire participer à cette émotion, et de montrer que, même avec des instruments inhabituels dans une salle de concert, on peut faire de la musique de chambre. Depuis la fin de 1997, date de formation de l'ensemble, le consensus de la critique et l'approbation du public, démontrés lors de plusieurs récitals, venus s'ajouter aux prix obtenus dans des concours nationaux et internationaux, nous ont incités à poursuivre notre parcours, dans l'espoir de faire une place active à cette formation originale dans le panorama musical actuel, tout en nous rapprochant d'autres formes d'expression et d'une autre idée du rapport entre exécutant et auditeur.
Notre premier CD sort aux Editions L'Eubage en décembre 2000 (Opere del ‘900 per Tromba, Trombone e Pianoforte), et est immédiatement récompensé par un jury de spécialistes qui le désigne CD valdôtain de l'année. Il est alors répertorié dans les plus grandes revues spécialisées, aussi bien en Italie qu'à l'étranger (Brass Bulletin, Musica & Dischi, Il Giornale della Musica, Musica, etc.). Le projet musical du Trio se concrétise également avec la naissance, pour la maison d'édition Animando di Sondrio, d'une collection comprenant les travaux et les transcriptions réalisées par le groupe : le Trio Musiké Series.
Le projet de mise en musique du long-métrage de Buster Keaton The General, un des chefs d'oeuvre de cet auteur d'exception, s'insère pleinement dans cette optique. Les musiques ont été composées par Davide Sanson, notre trompettiste, lors de l'édition 2001 de Strade del Cinema, et sont éditées par Animando Edizioni.
La composition a été retouchée pour l'édition 2003, en partie car la version du film projeté est légèrement plus longue que celle de 2001. L'idée qui sous-tend le processus de composition est de ne pas étouffer les images et les sensations qui touchent le spectateur à travers le film avec des procédés musicaux trop invasifs (virtuoses, improvisations, etc.), mais simplement de commenter ce qui se passe, utilisant parfois le silence, avec une série de thème cycliques (parmi lesquels figurent le thème de la locomotive The General, celui de Annabelle Lee et celui des poursuites, qui se reconnaissent facilemen) qui reviennent à une fréquence variable, à la manière des leitmotiv Wagneriens.
Le film se présente en miroir, avec les deux séquences les plus longues qui mettent respectivement en scène Buster Keaton poursuivant les nordistes qui lui ont volé la locomotive ( et également par inadvertance la fiancée), et sa fuite successive vers le sud après avoir récupéré ses deux grands amours. Dans les différents morceaux, le piano et les deux cuivres s'alternent ou se mélangent en fonction des situations. Nous utilisons des sourdines pour les cuivres et le piano est préparé dans certaines parties à la manière de John Cage dans ses compositions, recréant ainsi des sons mécaniques (rails, locomotives, etc...), élément portant du film. Nous avons aussi évité, sauf rares exceptions, l'utilisation onomathopique des instruments, que nous avons jugé trop attendu et prévisible.
Massimo Bezzo