3 août
Hommage à Pier Paolo Pasolini
Bruno Chevillon / contrebasse et direction
Riccardo Ruggeri / voix
Manuel Pramotton / saxes
Paolo Fromage / guitare
Mauro Gino / percussions
Marco Giovinazzo / percussions
Dans la nuit du 1er au 2 novembre 1975, Pier Paolo Pasolini mourait sur le littoral de Ostia dans des circonstances encore incertaines. A seulement 53 ans, la figure la plus éclectique de la culture italienne de l'après-guerre disparaissait. Pasolini a été pour le cinéma, la littérature, la société italienne un constructeur infatigable de principes brûlants mais solides, le pôle de référence de multiples tensions, impossibles à synthétiser dans le cadre de la programmation d'un festival de cinéma. Strade del Cinema a donc choisi, à trente ans de sa tragique disparition, de lui rendre un double hommage inédit : d'un côté, la production, en collaboration avec AostaClassica, de la version "élargie" de "PPP ou la rage sublime", performance du contrebassiste français Bruno Chevillon à mi-chemin entre musique et littérature, accompagné pour l'occasion d'un groupe de musiciens valdôtains exceptionnels, et d'un autre côté la projection - la première en Italie après les avant-premières de Cannes et Bologne - de la copie restaurée de la Cinémathèque de Bologne de "Appunti per un'Orestiade Africana", un voyage lyrique à travers des cultures antiques accompagné par les musiques de Gato Barbieri.
Pièces-jointes
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4 août
A Woman mis en musique par I'M ANITa et The Bank mis en musique par Martinetti-Gianino Duo
A woman (USA, 1915)
production : Jess Robbin pour The Essanay Film Manufacturing Company; réalisation, scénario : Charles Chaplin; Photographie : Harry Ensign; Cast: Charles Chaplin (Charlie), Edna Purviance (la fille), Charles Insley (le père), Marta Golden (la mère), Billy Armstrong (un ami du père); 16 mm, 24' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projetion publique : 12 juillet 1915.
Une famille bourgeoise - père, mère et fille - est assise sur un banc dans un parc. Profitant de l'assoupissement de sa femme et de sa fille, le père essaie de courtiser une dame. La manoeuvre de séduction est interrompue par un jeune homme (Charlie). Après différents gags hilarants, Charlie fait connaissance avec la mère et la fille, qu'il raccompagne à la maison. L'amour naît entre les deux jeunes gens mais au retour du père, Charlie est obligé de se cacher. Il se déguise en femme - et en accord avec la fille - fait mine de séduire le père. La ruse découverte, l'amoureux essaie de fuir à la colère du père, qui est à son tour victime de la foudre de sa femme qui a assisté à la scène. Le père feint de consentir au mariage entre les deux jeunes gens, mais met aussitôt à la porte l'amoureux qui se retrouve à la rue.
de Natalie Savoye.
I'M ANITa
Matteo Ciminari / guitare, thérémine
Mattia Borraccetti / contrebasse
Maurizio Diomedi / batterie, percussions
The bank (USA, 1915)
production : Jess Robbin pour The Essanay Film Manufacturing Company; réalisation, scénario : Charles Chaplin; Photographie: Harry Ensign; Cast: Charles Chaplin (homme à tout faire), Edna Purviance (secrétaire), Charles Insley (directeur de la banque), Billy Armstrong (homme à tout faire), Carl Stockdale (guichetier); 16 mm, 25' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 9 août 1915.
Chargé de l'entretien dans une banque, Chalier n'excelle certes pas pour son efficacité : il arrose les clients d'eau et de savon, il se dispute avec les autres employés, il en fait le moins possible et provoque un bon nombre de dégâts. La journée est animée par un malentendu sentimental : amoureuse d'un guichetier prénommé Charles, la sténographe Edna lui offre une cravatte accompagnée d'un petit mot doux; Charlie lit le message et croit qu'il lui est destiné, mais quand Edna découvre la méprise, elle réagit avec dédain et ironie à ses avances. Amer, Charlie s'éloigne et s'endort, mais est réveillé peu de temps après par un groupe de braqueurs violents qui prennent en otage Edna. Alors que le vil guichetier se cache, Charlie réussit à faire échouer le casse, gagnant de la même occasion une poignée de main du directeur et une embrassade d'Edna...
de Valentina Soluri
Martinetti-Gianino Duo
Bruno Martinetti Mazoni / trompette
Enrico Gianino / piano
5 août
The Champion mis en musique par Corrado Magnino et Behind the screen mis en musique par Amicale Socialiste de Scoville
The Champion (USA, 1915)
production : Jess Robbins pour The Essanay Film Manufacturing Company; réalisation, scénario : Charles Chaplin; photographie : Harry Ensign; cast: Charles Chaplin (l'aspirant boxeur), Edna Purviance (la fille de l'entraîneur), Lloyd Bacon (l'entraîneur), Bud Jamison (le champion), Ben Turpin (vendeur); 16 mm, 22' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 11 mars 1915.
Charlie est un type paumé. Vagabondant dans les rues avec son chien, il tombe sur une salle de boxe où l'on recherche des partenaires de combat pour l'aspirant champion local. Dernier de la file, Charlie voit les autres candidats tomber un à un, réduits dans de piteuses conditions. Cachant un fer à cheval dans ses gants, il réussit pourtant à envoyer le redoutable adversaire au tapis : c'est à lui désormais de défier sur le ring le champion en titre. L'entraînement continue entre hauts et bas, gorgées de bière clandestines et l'admiration discrète de la belle Edna. Imperméable au chantage et aux pressions d'un bookmaker corrompu, Charlie se lance dans le match conscient de sa propre faiblesse. La chance, pourtant, est une fois de plus de son côté : l'intervention de son fidèle bulldog se révèle providentielle. Mais la récompense la plus grande est un doux baiser de Edna. L'allenatore prosegue tra alti e bassi, bevute di birra clandestine e la discreta ammirazione della bella Edna.
Corrado Magnino
Corrado Magnino / piano
Behind the screen (USA, 1916)
production : Charles Chaplin pour Lone Star Mutual; réalisation, scénario : Charles Chaplin; photographie : Roland Totheroh; cast: Charles Chaplin (assistant accessoiriste), Eric Campbell (accessoiriste), Edna Purviance (aspirante actrice), Henry Bergman (réalisateur de films historiques), Lloyd Bacon (réalisateur de films comiques); 16 mm, 20' (24 fps), provenance : Cinenteca del Friuli; première projection publique : 13 novembre 1916.
Dans un studio de cinéma, l'assistant accessoiriste Charlie doit suppléer à la paresse de son chef, sur lequel pourtant retombent tous les mérites du travail, en montant avec quelques contretemps les décors du set (déplacer les meubles, colonnes, coiffer une tête d'ours).
Une grève des ouvriers réveillés de manière brutale par le metteur en scène permet à une aspirante actrice de se déguiser en ouvrier et de se mettre au travail. Charlie, une fois découverte la ruse, commence à embracer la jeune fille, ce qui provoque les railleries de soubrettes du patron.
Pendant ce temps, on prépare la scène des tartes à la figure. L'accessoiriste et son assistant sont engagés pour la scène et Charlie trouve le moyen de se venger.
Dans la dernière scène, Charlie sauve la jeune fille des mains des grèvistes, décidés à faire sauter le studio, et l'embrasse en jetant un coup d'oeil aux spectateurs dans le premier plan qui conclut le film.
di Davide Vanni
Amicale Socialiste de Scoville
Gilles Mortiaux / guitare intergalactique, explosions, etc...
Nico Roig / guitare intersidérale, cris et chuchotements, etc...
Ilan Manouach / saxophone irréductible, halètements percussifs, etc...
Marie-Pierre Herion / indescriptiblophone, etc...
6 août
A night in the show mis en musique par L'Inquietant Suspendu et One a.m. mis en musique par Mathilde Renault
A night in the show (USA, 1915)
production : Jess Robbins pour The Essanay Film Manufacturing Company; réalisateur, scénario : Charles Chaplin; Photographie: Harry Ensign; cast: Charles Chaplin (Mr Pest/Mr Rowdy), Edna Purviance (spectatrice), Dee Lampton (gros garçon), Charlotte Mineau (spectatrice), Paddy McGuire (musicien), 16 mm, 24' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 20 novembre 1915.
Une soirée de folie ordinaire au théâtre. M. Pest, spectateur au parterre, aussi élégant qu'impertinent, perturbe la tranquilité du public, et non seulement : aucun siège ne lui convient, des dames pleines de bijoux et des messieurs amidonnés deviennent des obstacles à enjamber, la tête chauve d'un joueur de tuba devient le lieu adapté pour s'allumer une cigarette, un directeur d'orchestre confus est giflé et la main d'une dame courtisée révèle les traits de son mari. Dans le même temps, dans le poulailler, M. Rowdy est assis, homme du peupe parmi ses compères, va-nu-pieds inquiet qui voudrait descendre sur le parterre où sa bière se déverse sur l'assistance. Entre temps, M. Pest est accompagné sur une scène latérale et passe de témoin à acteur de l'action qui se déroule sur scène. Le dernier numéro? Un cracheur de feu. M. Rowdy, par peur étrange d'un incendie, ouvre l'extincteur et inonde tout le théâtre.
de Letizia della Luna
L'inquietant suspendu
Pascale Berthomier / violoncelle électrique, percussions, kazou
Xavier Vochelle / guitare, percussions
One a.m. (USA, 1916)
production : Charles Chaplin pour Lone Star Mutual; réalisation, scénario : Charles Chaplin; photographie : Roland Totheroh; cast: Charles Chaplin (ivrogne), Albert Austin (chauffeur de taxi); 16 mm, 18' (24 fps); provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 7 août 1915.
De retour d'une nuit de fête, Charlie a du mal à reprendre ses esprits : accomplir les gestes les plus simples du quotidien demande un effort immense. Après une longue et intense bataille avec une portière de taxi, il se retrouve finalement devant chez lui, où l'attend un combat encore plus vif avec deux tapis en peau de tigre. Sorti victorieux de cet ennième affrontement, il voudrait festoyer en se concédant un ultime verre avant de s'écrouler, mais la table sur laquelle est posée la bouteille de s'arrête pas de tourner et tourner et tourner. Il est alors mieux de dormir, mais monter les escaliers se révèle une entreprise quasiment impossible. Une fois contournés tous les pièges, Charlie se jette sur le lit. Mais la fin de ses aventures est encore loin. Le lit, encastré dans le mur, n'arrête pas de se fermer, s'ouvrir, se refermer, selon des modalités qui échappent à toute logique.
Mathilde Renault
Mathilde Renault / piano
7 août
The Count mis en musique par Magus Ensemble et The Immigrant mis en musique par Ian Lawrence Mistrorigo
The Count (USA, 1916)
production : Charles Chaplin pour Lone Star Mutual; réalisation, scénario : Charles Chaplin; photographie : Roland Totheroh; cast: Charles Chaplin (apprenti tailleur), Eric Campbell (la tailleur), Edna Purviance (l'héritière), Leo White (le Comte); 16 mm, 22' (24 fps); provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 4 septembre 1916.
Dans la boutique d'un tailleur, Charlot est aux prises avec une cliente, d'improbables mensurations et un fer à repasser. Le puissant patron le chasse, avant qu'il ne provoque d'autres dégâts. Charlot profite alors de son temps libre pour aller courtiser sa bienaimée qui est cuisinière (et qui bénéficie aussi des faveurs d'un majordome et d'un policier) en service chez Mademoiselle Moneybags. Le destin met de nouveau le tailleur et Charlot face à face : le premier se fait passer pour un Comte afin de prendre part au dîner luxueux qui doit avoir lieu dans la maison où Charlot courtise sa cuisinière. Pour maintenir le secret et se faire réembaucher par le tailleur, Charlot se fait passer pour le secrétaire du faux Comte, mais le hasard veut que les autres invités inversent les rôles. Charlot ne perd pas l'occasion et essaie de séduire Mademoiselle Moneybags, malgré la colère du tailleur et la jalousie de la cuisinière. Mais le vrai Comte finit par arriver.
de Nicoletta Pavan
Magus Ensemble
Francesco Giorgi / violon
Olivia Bignardi / clarinette et sax alto
Alessandro Zacheo / accordéon
Stefano Cortese / piano, trompette, voix, composition, direction
Giovanni Falvo / batterie et percussions
The Immigrant (USA, 1917)
production : Charles Chaplin pour Lone Star Mutual; réalisation, scénario : Charles Chaplin; photographie : Roland Totheroh; cast: Charles Chaplin (réfugié), Edna Purviance (réfugiée), Kitty Bradbury (mère de Edna), Henry Bergman (réfugiée); 16 mm, 22' (24 fps); provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 17 juin 1917.
Un émigrant fait route sur une embarcation qui se dirige vers le port de New York. Après un voyage pas vraiment tranquille, pendant lequel il porte assistance à une jeune fille victime d'un vol, et qui lui plaît beaucoup, il débarque aux Etats-Unis, le "pays de la liberté". Errant en ville, il trouve par hasard un sou dans la rue et choisit de le dépenser dans un restaurant, où à sa plus grande joie il retrouve sa compagne de voyage et l'invite à manger. Il perd le sou, risquant ainsi de ne pas pouvoir régler l'addition et d'être victime de la colère des serveurs (qui dans ces cas-là s'unissent pour taper le débiteur), mais rencontre un impresario qui leur offre le repas et les engage pour un spectacle. Sorti du restaurant, les deux jeunes gens - qui forment désormais un couple - s'embrassent, et avec l'avance reçue de l'impresario, entrent dans un bureau pour préparer les certificats de mariage.
de Daniel Agami
Ian Lawrence Mistrorigo
Ian Lawrence Mistrorigo / piano
8 août
The Cure mis en musique par I Modali, Police mis en musique par Pascal Pistone et A Ten Minute Egg mis en musique par The_Tree
The Cure (USA, 1917)
production : Charles Chaplin pour Lone Star Mutual; réalisation, scénario : Charles Chaplin; photographie : Rolland Totheroh; cast: Charles Chaplin (alcoolique en cure), Eric Campbell (malade de goutte), Edna Purviance (jeune fille en vacance aux thermes), Henry Bergman (masseur); 16 mm, 20' (24 fps); provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 16 avril 1917.
Un homme alcoolique interprèté par Charlie Chaplin se rend dans un institut thermal dont les eaux sont réputées miraculeuses. Il arrive bien équipé et avec les meilleures intentions. Dans sa poche, il a un tire-bouchon et les clés d'un gros coffre rempli de bouteilles d'alcool fort, qu'un infirmier verse pas erreur dans la source bienfaisante. Les conséquences sont immédiates. Des dames chancellent en proie au hoquet. Des messieurs désireux se mettent à poursuivre de jolies jeunes filles, parmi lesquelles se trouve une visiteuse, interprétée par Edna Purviance, que le protagoniste sauve de leurs griffes. Alors que les hôtes joyeux s'abandonnent à des danses et des jeux, les prières d'Edna convainquent Charlie de boire l'eau, qui de manière inattendue se révèle à son goût. Le matin suivant, le malentendu est éclairci. Lui voudrait désormais boire, mais la jeune femme réussit à lui faire promettre d'arrêter. Une seconde après cependant, il tombe dans la source contaminée.
de Luigia Annunziata
I Modali
Andrea Bertola / violon
Sergio Ponti / vibraphone
Ferrianto Demichelis / piano
Federico Dal Pozzo / percussions, objets
Police (USA, 1916)
production : Jess Robbins pour The Essanay Film Manufacturing Company; réalisation, scénario : Charles Chaplin, photographie : Harry Ensign; cast : Charles Chaplin (ex détenu), Edna Purviance (jeune fille), Wesley Ruggles (voleur), John Rand (policier), James T. Kelly (ivrogne); 16 mm, 22' (18 fps); provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : 27 mars 1916.
Charlie vient de sortir de prison. Il se trouve encore devant le portail quand un prédicateur s'approche de lui, offrant son aide afin qu'à partir de ce moment il suive la bonne route. Le prédicateur se révèle être un bonimenteur et Charlie se rend vite compte qu'il ne peut se fier de personne. Le soir arrive et le vagabond cherche en vain refuge dans un dortoir : lorsqu'on est sans un sou, même un lit et une couverture deviennent un rêve inaccessible. Avec l'espoir de pouvoir grapiller un peu d'argent, Charlie se laisse entraîner dans le cambriolage de la maison d'une jeune femme. Mais le métier de voleur ne sied pas au vagabond, qui arrive tout au plus à assèner quelques coups sur la tête du policier de patrouille. La jeune maîtresse de maison finit par le prendre en sympathie, le blanchissant des accusations des policiers en provenance de la centrale et obligés de repartir bredouilles.
de Loredana Ciliberto
Pascal Pistone
Pascal Pistone / piano
HORS CONCOURS
A ten minute egg (USA, 1924)
production : Hal Roach; réalisation : Leo McCarey; cast : Charley Chase (Jimmy Jump), Ena Gregory, Jack Gavin, Noah Young; 16 mm, 10' (24 fps); provenance : Cineteca del Friuli; priemière projection publique : 20 juillet 1924.
Une comédie frénétique basée sur un échange d'identités. Rixes, poursuites, flatteries mixées dans une seule bobine de pellicule. Temps de cuisson: 10 minutes.
The_tree
Emmanuele Pella / batterie
Emilio Riccardo Cimma / guitare
Francesco Beccaro / basse
9 août
Appunti per un'Orestiade Africana
Appunti per un'Orestiade Africana (Notes pour une Orestie Africaine)
Ecrit, dirigé, photographié et commenté par Pier Paolo Pasolini; musique originale Gato Barbieri; montage Cleofe Conversi; production Gian Vittorio Baldi et IDI Cinematografica (Rome), I film dell'Orso; produtcteur délégué Gian Vittorio Baldi; pellicule Eastmoncolor; format 16 mm, b/n; caméras Arriflex; développement et impression Luciano Vittori; synchronisation NIS Film; distribution DAE. Reprises : décembre 1968 et février 1969, extérieurs: Ouganda, Tanzanie, Lac Tanganika, intérieurs : Rome, Folkstudio; durée: 63 minutes. Première projection. Marché International des programmes télévisuels de Cannes, 17 Avril 1970; Giornate del cinema italiano, Venise, septembre 1973.
Parmi tous les films imaginés par Pier Paolo Pasolini mais qui n'ont jamais été réalisés se trouve l'adaptation pour grand écran de l'Orestie d'Eschyle, située dans l'Afrique noire des années 70. Le voyage de PPP à la recherche des localisations idéales entre Tanzanie, Ouganda et Kenya - filmé sous tous les angles - devient le vrai sujet de cette oeuvre atypique, conçue comme le texte préparatoire d'un chef d'oeuvre resté à l'état de rêve. Au cours de son élaboration sous forme de notes, cette Orestie inachevée se transforme en une recherche sur le rapport entre cultures éloignées dans le temps et l'espace. Pasolini trace une carte des nuances qui séparent ces deux opposés : Afrique et Europe, cinéma et tragédie de la Grèce Antique, richesse et indigence.
Pièces-jointes
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appuntiperunorestiadeafricana_594.pdf
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10 août
Cenere mis en musique par Christian Leroy
Cenere (Italie, 1916)
production : Arturo Ambrosio (Film Ambrosio); réalisation : Febo Mari; photographie : Eugenio Bava; cast : Eleonora Duse (Rosalia Derios), Febo Mari (Anania), Misa Mordeglia Mari (Margherita); 35 mm, 37' (24 fps); provenance : Cineteca del Friuli (restauration effetctuée par la Cineteca del Friuli en collaboration avec la Cineteca Sarda de Cagliari à partir d'une copie nitrate de la George Eastman House de Rochester).
Le petit Anania, fils illégitime laissé aux soins d'une mère seule et désespérée, subit les vexations de ses camarades, émergé dans le temps suspendu d'une Sardaigne faite de paysages ensoleillés et majestueux. Pour lui donner un avenir, sa mère décide de le confier à son père, un métayer de Nuoro. Adopté par la famille de l'employeur du père, Anania grandit et est envoyé à Rome où il étudie et obtient son diplôme. Mais il est dominé par la nostalgie pour la belle Margherita, fille de ses bienfaiteurs, et pour Rosalia, sa mère disparue après l'avoir abandonné. Rentré en Sardaigne, plutôt que de courir chez les parents de Margherita pour en demander la main, Anania se met sur les traces de sa mère, avec l'intention de renouer le contact. Cependant, après avoir retrouvé la femme, il doit faire face à sa réticence et à des règles aussi antiques que la terre de Sardaigne.
Christian Leroy
Christian Leroy / piano et composition
Christian Thoma / haut-bois et cors anglais
Philippe Saucez / clarinette basse
Paola Corti / voix récitante
Né à Mons en 1952, Christian Leroy fonde en 1979 l'ensemble Musique Vivante, devenu par la suite Trio Métarhymes de l'air, avec Philippe Saucez et José Bredeur. Avec cette formation, il prend part aux principaux festivals européens et a la possibilité d'écrire et de jouer de la musique appliquée à d'autres formes d'art. A partir de 1994, il se spécialise dans la composition de musique pour films muets. Ses principaux succès dans ce domaine sont "Nosferatu" de Tod Browning et "Nanouk l'Esquimau" de Robert Flaherty. Leroy a commencé à collaborer avec Strade del Cinema en 2003, comme enseignant lors du stage d'"Ecriture musicale et écriture cinématographique". C'est alors qu'est née une volonté commune pour le projet "Cenere" : la production d'une musique originale pour ce classique du cinéma italien, écrite et interprétée par Christian Leroy, en collaboration avec un jeune et déjà affirmé musicien valdôtain Christian Thoma. La clarinette basse de Philippe Saucez et la voix de Paola Corti ont été appelés à complèter le cast de cette production, conçue comme un voyage entre les arts (cinéma, musique et littérature) et entre les saveurs d'une terre de culture antique.
Le mélodrame comique et le cinéma muet
Le cours sur le mélodrame comique nous a préparé à la réalisation de notre "Cenere", court-métrage réalisé dans le style du cinéma muet : forme d'art qui, ne pouvant pas encore utiliser le sonore, mettait en exergue l'expressivité et la gestualité des acteurs dont les actions étaient soulignées et mises en évidence par la bande sonore.
Les couleurs musicales proposées live par l'Acusmatic Group au cours de la soirée de présentation au public de notre "Cenere" en soulignent les atmosphères mélodramatiques.
11 août
Die Bergkatze mis en musique par Trio La Tendresse
Die Bergkatze (Allemagne, 1921)
production : Union - UFA; réalisation : Ernst Lubitsch; scénario : Hans Krali, Ernst Lubitsch; mise en scène et costumes : Ernst Sterncast; photographie : Theodor Sparkuhl; cast: Viktor Janson (le commandant de la forteresse), Pola Negri (sa femme), Paul Heidemann (le lieutenant Alexis); 35 mm, 85' (20 fps); provenance : Friedrich Wilhelm Murnau Stiftung (restauré par la Cineteca di Bologna, en collaboration avec ARTE); première projection publique : 14 avril 1921.
Dans une localité immaginaire de montagne, une forteresse militaire est constamment attaquée par une bande de brigants, qui utilisent les aspérités du paysage comme cachette idéale. Cela n'empêche pas la vie de suivre son cours normal à l'intérieur de la forteresse. Le colonel en chef verrait bien sa fille épouser le lieutenant Alexis. La réalisation de son plan, pourtant, est mise en sérieux danger lorsque la très belle Rischka, fille du chef des bandits, enlève Alexis et en tombe éperdument amoureuse. Pour le conquérir, elle devra déposer les armes et faire sa place parmi les jeunes filles de la haute société locale. Plus que ses armes, ce sera son charme qui blessera ses adversaires.
Trio La Tendresse
Yves Robert / trombone
Vincent Courtois / violoncelle
Edward Perraud / percussions
Perfection triangulaire, jeux d'équilibre, vastes horizons : immaginez-vous une musique nouvelle. Pas une nouveauté musicale, mais une dimension sonore dans laquelle tout arrive parce tout est confus, pas en désordre, mais fondu, délié, délicatement délié. Artistiquement parlant, ce n'est au fond pas important d'être nouveau, mais d'être nécessaire. Dans un domaine géré par la gratuité absolue de l'être et du ressentir, seules les choses qui le doivent ont de la place, la place du geste artistique. Le Trio La Tendresse incarne la conscience de la nécessité artistique, de l'appartenance à un mode de vivre la musique, celui de l'improvisation, à une pratique historique et consolidée, et essaie dans le même temps de prendre à sa charge ce qui ne peut plus être dit et joué d'une négativité qui est à la fois limite et possibilité. Une manière de faire qui n'est pas innocente donc, est à la base de la réflexion musicale de ce trio, qui, contre les technocrates et les mathématiciens modernes, porte à l'apogée la tendresse comme nécessité et clé de lecture de notre temps. Il y a besoin de tendresse pour ne pas avoir peur, pour pouvoir sentir et s'ouvrir à de petites émotions, pour pouvoir construire un parcours de conscienses microscopiques solides. Mais la tendresse qui nous est restituée n'est pas infantile et aveugle, mais violentée, c'est l'acte d'amour d'une personne adulte qui a du renoncer. La tendresse, alors, s'ouvre à la dimension temporelle, c'est la dimension du temps vécu, de ce qui nous est donné quotidiennement et qui est gaspillé. La tendresse est la clé pour entrer dans la dimension esthétique de la vérité de nos limites et de l'aspect illusoire des choses. Quand on écoute ce trio la sensation visuelle et vécue qui nous envahit semble nous mettre devant un grand spectacle de la nature, un vaste horizon brumeux où l'on aperçoit les pentes d'une vertigineuse falaise, un panorama désertique torride, une étendue glaciale aveuglante. La grandeur de la nature, la vérité du monde se donne, se montre seuleument à ceux qui savent être tendres, qui savent accueillir des sensations fortes, justement parce qu'elles donnent crédit aux sensations plus petites et insignifiantes.
Etant donné ce préambule, alors pourquoi ne pas confier à ce trio un film comique, une histoire aux sentiments intenses, plutôt qu'un drame? Pourquoi ne pas les imaginer meilleurs interprètes de l'épopée humaine? Nombreux et influents interprètes de l'être humain qui nous ont fait comprendre que rire est une chose sérieuse.
12 août
Suite Méliès mis en musique par Enrico Rava - Stefano Bollani
La soirée conclusive de Strade del Cinema 2005 est un hommage au cinéma visionnaire et poétique de Georges Méliès. Une suite de films qui ont laissé une marque indélébile dans la mémoire historique des amoureux des images, spectateurs et ouvriers : des entreprises spatiales des voyageurs lunaires, aux expéditions fantagéographiques dans des lieux qui existent du seul fait d'être imaginés, jusqu'à l'expérimention pure du moyen cinématographique, de ses possibilités et de ses limites. Fantaisie et audace, valeurs qui s'adaptent bien au duo choisi pour interprèter musicalement les oeuvres du grand cinéaste français : la poésie du phrasé et du son de la trompette d'Enrico Rava et la vivacité explosive, en plus du goût de la recherche de Stefano Bollani, deux musiciens qui n'ont certes pas besoin d'être présentés.
Enrico Rava - Stefano Bollani
Enrico Rava / trompette, bugle
Stefano Bollani / piano
Le tonnere de Jupiter (France, 1905)
production et réalisation : Georges Méliès; 16 mm, 3' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : février 1905
L'éclipse du soleil en pleine lune (France, 1907)
production et réalisation : Georges Méliès; 16 mm, 8' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : février 1907
Le voyage dans la lune (France, 1902)
production et réalisation : Georges Méliès (tiré du roman de Jules Verne); cast: Georges méliès (L'astronome), Bleuette Bernon, Victor André; 16 mm, 12' (18 fps), provenance: Cineteca del Friuli; première projection publique : novembre 1902
Les aventures du Baron de Munchausen (France, 1911)
production et réalisation : Georges Méliès; 16 mm, 12' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : septembre 1911
La lanterne magique (France, 1903)
production et réalisation : Georges Méliès; 16 mm, 5' (18 fps), provenance: Cineteca del Friuli; première projection publique : septembre 1903
La conquête du pôle (France, 1912)
production et réalisation : Georges Méliès; cast: Georges méliès (le professeur Maboul), Fernande Albany; 16 mm, 12' (18 fps), provenance : Cineteca del Friuli; première projection publique : mai 1912